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Les Editeurs

Salabert

Autocollant Rouart-Lerolle (fonds locatif de partitions géré par Salabert jusque vers 1980)

Francis Salabert

Répertoire
23559 j.
Phi-Phi 1918 2007 j.
Hello !! Charley 1919 25 j.
Du coeur aux lèvres 1919
La Bagatelle 1919 135 j.
La Liaison dangereuse 1919 58 j.
Flup !... 1920 155 j.
Titin 1920 62 j.
Le Fruit défendu 1920 83 j.
Florabella 1920
La Dame en rose 1921 65 j.
Le Mariage d'un Tartarin 1921 199 j.
Dédé 1921 947 j.
Nonnette 1922 48 j.
Ta bouche 1922 1201 j.
L' Amour masqué 1923 278 j.
Là-Haut 1923 613 j.
Ciboulette 1923 607 j.
Le Petit choc 1923 44 j.
Myria 1923 64 j.
Madame 1923 242 j.
Bébel et Quinquin 1923 121 j.
La Dame en décolleté 1923 125 j.
En chemyse 1924 51 j.
Le Million du Bouif 1924 86 j.
Gosse de riche 1924 135 j.
Troublez-moi ! 1924 328 j.
Vivette 1924
Mon vieux 1924 74 j.
Pépète 1925 41 j.
Pas sur la bouche 1925 647 j.
Chou-Chou 1925 56 j.
J'adore ça ! 1925 96 j.
Amoureux 1925
Quand on est trois 1925 275 j.
PLM 1925 265 j.
Elle ou moi 1925 65 j.
Bouche à bouche 1925 114 j.
Mannequins 1925 221 j.
Riri 1925 56 j.
Monsieur Beaucaire 1925 333 j.
Trois jeunes filles nues 1925 786 j.
Passionnément ! 1926 740 j.
Et avec ça Madame ? 1926 46 j.
L' Homme qui vendit son âme au diable 1926 46 j.
Souris blonde 1926 36 j.
Hélène 1926 79 j.
Divin mensonge 1926 60 j.
Un bon garçon 1926 443 j.
J'aime ! 1926 110 j.
Miss America 1927
La Vénus de Deauville 1927 69 j.
Ketty boxeur 1927 111 j.
Lulu 1927 241 j.
Le Diable à Paris 1927 84 j.
Comte Obligado ! 1927 439 j.
Yes ! 1928 185 j.
Paganini 1928 462 j.
L' Oeil en coulisse 1928 31 j.
L' Eau à la bouche 1928 88 j.
Un joli monsieur 1928 121 j.
Coups de roulis 1928 654 j.
Mariette 1928 156 j.
Une nuit au Louvre 1928 68 j.
L' Hostellerie de la vertu 1928 73 j.
Déshabillez-vous ! 1928 168 j.
Elle est à vous 1929 270 j.
Couchette n° 3 1929 101 j.
Vive Leroy ! 1929 29 j.
Flossie 1929 439 j.
Arthur 1929 211 j.
Minouche 1929
Olive 1929 108 j.
Quand l'amour vient 1929
Pochette surprise 1929 53 j.
Boulard et ses filles 1929 94 j.
Kadubec 1929 186 j.
Le Comte de Boccace 1930 69 j.
Bégonia 1930 79 j.
Rosy 1930 63 j.
Princesse Czardas 1930 112 j.
Zou ! 1930 44 j.
Arsène Lupin, banquier 1930 151 j.
Le Coeur y est 1930 38 j.
Cinésonor 1930 29 j.
Six filles à marier 1930 149 j.
Enlevez-moi 1930 534 j.
Pépé 1930 27 j.
Sidonie Panache 1930 373 j.
Femme de minuit 1930 53 j.
Les Aventures du Roi Pausole 1930 357 j.
Brummell 1931 101 j.
Couss-Couss 1931 60 j.
Moineau 1931 27 j.
Encore cinquante centimes 1931 137 j.
Le Scarabée bleu 1931 42 j.
Les Canards mandarins 1931
Le Roi du pourboire 1931 15 j.
Deux fois deux 1932 63 j.
Sylvette 1932
Il est charmant 1932
La Pouponnière 1932 92 j.
Babaou 1932 35 j.
Revue marseillaise 1932 114 j.
Azor 1932 166 j.
Au pays du soleil 1932 341 j.
Un soir de réveillon 1932 191 j.
Pauline 1933
Le Garçon de chez Prunier 1933 28 j.
Oh ! Papa !... 1933 248 j.
À la belle bergère 1933 16 j.
O mon bel inconnu 1933 92 j.
Fleur d'Hawaï 1933 70 j.
La Madone du promenoir 1933 152 j.
Loulou et ses boys 1933 72 j.
Florestan 1er, prince de Monaco 1933 86 j.
Victoria et son hussard 1933 37 j.
Trois de la marine 1933 203 j.
Le Bonheur, Mesdames ! 1934 210 j.
L' Aventure de Céline 1934
Les Soeurs Hortensias 1934 213 j.
Zou ! Le midi bouge 1934 108 j.
Mandrin 1934 52 j.
Au temps des Merveilleuses 1934 295 j.
La Reine de la Sierra 1935 64 j.
Les Joies du Capitole 1935 58 j.
Coeurs en rodage 1935 40 j.
Un de la Canebière 1935 362 j.
La Chanson du bonheur 1935 101 j.
Mon oncle Alex 1935 40 j.
La Poule 1936 102 j.
Faites ça pour moi ! 1936 156 j.
Simone est comme ça 1936 53 j.
Un p'tit bout d'femme 1936 45 j.
Bouche en coeur 1936 51 j.
Gangsters du Château d'If 1937 130 j.
Ma petite amie 1937 75 j.
Ceux de la légion 1937 18 j.
Le Roi des galéjeurs 1938 117 j.
Destination inconnue 1939
L' Amour s'amuse 1940 19 j.
L' École buissonnière 1941 75 j.
Plume au vent 1941
La Vie de château 1943
(Paris, 27/07/1884 - Shannon, 22/12/1946)
Les dates ci-dessus sont celles de la vie de Francis Salabert. Aucune autre maison d'édition n'a jamais été à ce point assimilée à un homme, et s'il fallait désigner un personnage clé pour la comédie musicale des années 20 et 30, ce ne serait pas Albert Willemetz ou Maurice Yvain qu'il faudrait choisir, mais bien Francis Salabert.
La maison d'édition a été fondée en 1878 par son père, Edouard. C'est une petite maison qui vivote comme beaucoup d'autres, dans une minuscule boutique de la rue de la Victoire, et dont le seul coup d'éclat a été l'acquisition des droits de John Philip Sousa pour la France (Sousa est le compositeur de la plupart des grandes marches militaires américaines).
Dès 1901, Edouard étant paralysé, Francis, qui a 16 ans, reprend la boutique. Ses activités restent modestes, mais il entreprend d'étendre le catalogue américain. En 1908, il s'installe au 22 rue Chauchat où le siège demeurera jusqu' à la fin des années 90.
Jusqu'à la guerre, il va creuser peu à peu son trou dans la musique légère, en rachetant à vil prix des myriades de mini-éditeurs, d'autant plus facilement que la concurrence est presque inexistante : la plupart des auteurs sont auto-édités, le plus célèbre d'entre eux étant... Henri Christiné (Charles Borel-Clerc sera le seul à maintenir ce système jusque dans les années 40). Les seuls éditeurs "sérieux", dont le plus important est Choudens, ne publient pas de chansonnettes. Fortin, le seul éditeur de chansons digne de ce nom, vit dans une confortable routine. Salabert va, le premier, donner un essor industriel à l'édition de musique légère.
A l'époque, le disque est inexistant, ou du moins tellement coûteux (et les appareils pour les lire également) que son impact ne s'étend guère hors de la bonne bourgeoisie. La diffusion de la chanson, c'est la musique vivante : les chanteurs des rues, les cabarets, les café-concerts, les orchestres de brasseries, et les innombrables théâtres de quartier qui reprennent à l'infini les opérettes créées sur des scènes plus prestigieuses. Et puis dans beaucoup de familles, même assez modestes, il y a un piano...
Fin 1918, c'est l'explosion : avec Phi-Phi, Francis Salabert saute dans le train de la comédie musicale. "Phi-Phi" est certes un succès théâtral, mais la profondeur de son impact vient surtout de Francis Salabert. Pour imposer l'oeuvre, il développe une campagne de diffusion sans précédent : il invente le "karaoké", en installant au-dessus de la scène du théâtre des sortes de "prompteurs" qui permettent au public de chanter les paroles avec les acteurs. Il distribue des petits formats à la pelle. Il installe des boutiques de vente des partitions à la sortie du théâtre. C'est le début de la fortune.
A cette époque, il érige en système un procédé qui va lui valoir quelques inimitiés : d'abord il s'attache les compositeurs en leur versant des avances sur recettes, les transformant en salariés et du même coup les empêchant d'aller voir ailleurs ; ensuite, il s'approprie dans des contrats très étudiés l'essentiel des droits d'auteurs pour l'étranger, pressentant la mondialisation bien avant ses auteurs (c'est ainsi que Maurice Yvain fut floué des bénéfices du succès mondial de "Mon homme") ; enfin, il touche une bonne part des droits de reproduction par des orchestres, en inscrivant systématiquement son nom comme "arrangeur" sur toutes les partitions pour orchestre qu'il publie (à tel point que le chansonnier Lucien Boyer se fera graver des cartes de visite portant la mention : "Lucien Boyer, arrangé par Francis Salabert" !).
Néanmoins, les auteurs Salabert voient leur intérêt : mieux vaut la moitié d'un gros gâteau que pas de gâteau du tout. Dans les années 20, ce serait un suicide que de se faire publier ailleurs que chez Salabert.
De 1919 à 1921, il va, avec l'aide d'Albert Willemetz et d'Henri Christiné étendre son catalogue en recrutant tous les compositeurs qui comptent dans la chanson : après Christiné, il s'attache en 1919 Chantrier, en 1920 Szulc et Yvain... tous les autres (successivement Cuvillier, Moretti, Pearly et Chagnon, Mercier, Gabaroche, Lattès, Van Parys, Bastia, Verdun, Sylviano, Oberfeld et... Scotto) vont suivre, dont en particulier la plupart des auteurs publiés chez Maillochon qui ne s'en remettra pas après 1923. Il pousse Messager à se mettre à la comédie musicale (ce sera "L'Amour masqué" en 1922), et dans la foulée d'autres compositeurs sérieux : Hahn, Honegger, Beydts et Pierné plus tard...
A partir de 1920, Salabert est également l'éditeur de tous les succès des revues à la mode : Mistinguett, Chevalier, et les autres, aucun ne lui échappe. Après quelques chansons, il propose systématiquement à ses auteurs de s'attaquer à l'opérette. Le succès de "Phi-Phi", quoique phénoménal, paraît au début n'être qu'un cas isolé. Le seul tube un peu marquant des pièces suivantes est le fox-trot "La Tasse de thé", du Titin de Szulc (1920). Mais quand fin 1921 Salabert publie "Dédé", et quatre mois plus tard "Ta bouche", il est définitivement lancé dans le genre qu'il a lui même créé. Jusque vers 1930-32, il va publier 90% des succès du genre, ne laissant à ses concurrents que des bribes : avec plus de 22.000 jours/théâtre entre 1918 et 1944, un rapide calcul montre que chaque jour 3 théâtres parisiens en moyenne représentaient une pièce Salabert... et parfois beaucoup plus : pour les fêtes de Noël 1929, 12 théâtres représentaient des pièces musicales : toutes sauf une (Louis XIV, Sam-Fox) étaient éditées par Salabert !

Dans les années 20, les comédies musicales Salabert sont des usines à succès. Beaucoup de chansons populaires en sortent.
Mais vers 1930, avec simultanément l'avènement de l'enregistrement électrique (la qualité sonore des 78 tours fait un progrès considérable) et l'apparition du cinéma sonore, Salabert sent que les modes de diffusion de la chanson sont en train de changer. Dès 1923, il s'était lancé dans l'édition phonographique en rééditant sous son nom des extraits du catalogue Pathé, puis en publiant des enregistrements originaux. Mais c'était déjà un peu tard. Vers 1930, Salabert est un des plus gros éditeurs de disques mais, faute d'intérêt ou d'investissement, dès le mileu des années 30 la marque a presque disparu. Il investit également dans l'enregistrement sonore, avec un studio de doublage de films à Montrouge.
Quoiqu'il en soit, il abandonne peu à peu l'édition de comédies musicales et le genre périclite. Les partitions éditées ne le sont plus que pour les représentations, il y a de moins en moins d'éditions "commerciales".
Suivant cette logique, dans le domaine de l'édition papier, Salabert se recentre sur la chanson et surtout sur la musique sérieuse, qui est peu diffusée en disques, mais fait l'objet de concerts. Il rachète une cinquantaine de fonds divers, dont les plus importants sont le répertoire Christiné (pour la chanson) et les éditions Rouart Lerolle et Sénart (pour la musique sérieuse). Les opérettes et comédies musicales qu'il a laissées de côté seront la plupart du temps éditées par Royalty, éditions fondées par un consortium de directeurs de théâtre dirigés par Albert Willemetz (qui sont devenues aujourd'hui les Editions et productions théâtrales Chappell et regroupent les fonds Chappell, Royalty et Joubert).
Concernant les auteurs "légers", quoique la maison d'édition soit en perte de vitesse après 1932, le flair de Francis Salabert demeure intact : il est le premier éditeur de Mireille, d'une partie de Charles Trenet, et après la guerre il sera l'éditeur de "La Belle de Cadix", le "Phi-Phi" de 1945.
Après sa mort en 1946 dans un accident d'avion, sa veuve Mica reprend le flambeau, mais les fastes d'antan sont loin. Les héritiers des éditions Salabert s'emploient à cacher leur passé dans la musique légère, qui est au mieux un péché de jeunesse, au pire une maladie honteuse. Le milieu musical d'après-guerre est d'ailleurs infiniment moins tolérant avec le mélange des genres. Salabert ne va plus publier que de la musique sérieuse, voire austère, se spécialisant dans l'édition de musique contemporaine. Commencent alors pour les auteurs qui ont fait la fortune de Francis Salabert de longues années de purgatoire...
Détail symptomatique : l'histoire des éditions Salabert, publiée sur leur site Web en 2000, commence par ces termes : "La maison Salabert c'est d'abord, chronologiquement du moins, l'un des plus étonnants fonds de variété ..." On appréciera selon son humeur le "chronologiquement" !
Une bonne partie des fonds éditoriaux théâtraux (matériel d'orchestre et de représentation) jugés indignes sera détruite purement et simplement dans les années 60 (comme chez beaucoup d'autres éditeurs, d'ailleurs). Ne sont gardées que les éditions commerciales et certains auteurs moins déshonorants (Hahn, Messager sont conservés, mais beaucoup de Moretti, Christiné, Szulc et même pas mal de Maurice Yvain ont disparu...)
En 2001, Salabert disparait, intégré à une nouvelle maison nommée Durand Salabert Eschig, en fait filiale du groupe BMG (Bertelsmann). La totalité des fonds européens de musique théâtrale et d'orchestre est regroupée à Milan (siège de Ricordi, filiale italienne). En 2007, Bertelsmann cède le tout à Universal. La mondialisation est en marche, et avec elle la destruction d'une nouvelle part du patrimoine. On est en droit de penser que Francis Salabert ne l'aurait que modérément appréciée...

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